Copropriété
Chemin du Lirou
2 bis, Quai de la Dunette Publié le 22 Décembre 2025

Dans un logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, le remplacement d’une vitre est une opération qui peut s’avérer dangereuse pour la santé. En effet, les mastics de scellement et joints des vitrages anciens peuvent contenir de l’amiante, composant minéral cancérogène longtemps utilisé dans le bâtiment pour ses nombreuses propriétés techniques. De ce fait, en remplaçant une vitre, ce qui nécessite d’intervenir sur ces matériaux, on est susceptible de provoquer un risque grave d’exposition à l’amiante. Comme l’indique l’Union Française des Miroitiers au sein d’une fiche de sécurité rééditée en novembre 2025, avant tout changement de vitrage ancien, il est essentiel de faire réaliser un repérage amiante avant travaux (RAAT), puis de faire appel à une entreprise pouvant opérer dans un environnement amianté, en cas de présence effective de ce polluant.
Chaque RAAT s’adapte précisément au projet envisagé. L’opérateur de ce repérage, professionnel certifié amiante avec mention et formé à la prévention du risque amiante en sous-section 4, concentre son attention sur la zone où se déroulera l’intervention. Il prélève des échantillons de matériaux suspects et les fait analyser au sein d’un laboratoire accrédité. Son rapport, clair et détaillé, indique la présence ou l’absence d’amiante dans la zone concernée. Il localise aussi avec précision les matériaux et produits contenant de l’amiante (MPCA). Ces informations permettent à l’entreprise qui réalisera les travaux de définir les modes opératoires appropriés pour intervenir en toute sécurité. Le rapport de RAAT permet aussi de déterminer la qualification requise pour les intervenants, soit sous-section 3 pour les opérations d’encapsulage ou de retrait ou sous-section 4 pour les opérations de maintenance, de réparation ou d’entretien de matériaux, équipements ou matériels potentiellement amiantés, ce qui garantit une protection maximale lors des travaux.
Par conséquent, même lorsqu’il s’agit de changer une vitre ancienne, le RAAT est un passage obligé, et ce, même si le donneur d’ordre des travaux est un particulier et qu’il s’agit d’un chantier modeste. Sans le RAAT, précise la fiche de sécurité de l’Union Française des miroitiers, le maître d’ouvrage commet un délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui.
Face à un carreau brisé ou une fenêtre vétuste que l’on souhaite changer, certains réflexes peuvent s’avérer dangereux si de l’amiante est présent dans les mastics et joints vitriers. Gratter, poncer ou découper de tels matériaux peut libérer instantanément des millions de fibres microscopiques dans l’air ambiant. Ces particules très volatiles restent en suspension pendant plusieurs heures et se déposent ensuite sur les surfaces du logement. Le nettoyage à l’aspirateur domestique aggrave la situation en redispersant ces fibres toxiques. Les opérations de réparation ou de remplacement sans faire appel à un professionnel, et de surcroît sans faire réaliser un RAAT préalable, risquent de se transformer en une source d’exposition critique à l’amiante, avec une concentration de fibres d’amiante qui peut s’avérer supérieure aux valeurs limites fixées par la réglementation amiante en vigueur. Cette dernière est constituée d’un ensemble de mesures qui interdisent et sanctionnent formellement cette pratique.